24 avr. 2011

Ghinzu @ Grand Mix, Live report !

Comme vous le savez peut être, le tenancier des ces pages est parisien, et actuellement en pleine période de concours/partiels. Du coup, je me suis permis de lancer un appel aux chanceux qui ont pu assister aux trois dates de Ghinzu de ces dernières semaines. Pauline a eu la bonté de répondre à l'appel, et malgré ma jalousie maladive et son goût discutable pour Chocolate, je me dois de vous faire partager cette véritable tranche de vie. Enjoy !


On ne va pas y aller par 4 chemins, Ghinzu en concert surprise organisé pratiquement du jour au lendemain, c'était tellement warrior, c'était vraiment grand, c'était du pur Ghinzu, vous savez, cette machine de guerre indescriptible sur scène qui nous met de telles claques qu'on tendrait volontiers l'autre joue pour que ça continue, encore, encore et encore sans jamais que cela ne s'arrête. Ce petit live report très en retard sera à l'image de cette soirée, c'est-à-dire complètement à l'arrache, si le nonsense musical pasionné et la monomanie étalée sans forme dans tous les sens ne vous a pas encore fait cliquer sur la petite croix rouge et blanche en haut de votre écran, je vous souhaite à tous une bonne lecture, bande de warriors.

"It's going to be fine..."


Débutons par une petite remise en contexte de cette soirée très spéciale pour ceux qui n'auraient pas suivi l'affaire. Le matin même, après avoir eu quelques feedbacks de la minie tournée à Mulhouse et à Toulouse, je me disais encore qu'il était bien étrange et surtout dommage que les Mr. ne s'étaient pas programmés une petite date plus au nord, si vous voyez ce que je veux dire. Si seulement j'avais su à cet instant..

Jeudi 14 avril 2011, 18h30, je débarque, ma timeline sur twitter est en feu. La raison? On venait d'annoncer la venue surprise du plus grand groupe Belge à Tourcoing, au Grand Mix, dans 24h petites heures. Ah oui, quand même. Le temps d'encaisser la nouvelle, de réapprendre comment on fait pour respirer, d'exploser le record olympique du sprint pour filer à la Fnac chercher un ticket d'or et aussi de passer la soirée à truander pour revendre la place d'un autre concert que j'avais déjà prévu le lendemain soir, ça y est, demain je vais revoir Ghinzu sans avoir rien demandé. Life's good.

Là, tous ceux qui ne sont pas du Nord peuvent se dire, ok, un concert de Ghinzu servi sur un plateau, c'est cool, mais soit.. pas de quoi en faire tout un plat sans mauvais jeu de mot. Sauf que là STOP. Je vous arrête tout de suite. Ce qu'il faut savoir c'est que la dernière fois (ou plutôt, avant dernière, si on exclut le concert gratuit dans un cadre un peu spécial donné par les Belges sur la grande place de Tourcoing en juin dernier) que Ghinzu est passé dans le Nord, c'était le 21 novembre 2009 à l'Aéronef de Lille et tout le monde en parle encore. Là n'est pas notre sujet, mais ce fut définitivement l'une des plus grande expérience live à laquelle j'ai eu la chance (clairement, on parle de chance à ce niveau d'intensité) d'assister, un concert de plus de 2h complètement fou, débordant de bonus, parfait de la première seconde de Mother Allegra à la dernière de Blow. Tout ça pour dire que les Nordistes attendaient le retour de Ghinzu dans les contrées du Nord un peu plus qu'au tournant, ce fameux jour de novembre 2009 étant encore sur les lèvres de tout le monde (sans exagérer, honest).

Vendredi 15 avril 2011, on annonce qu'il ne reste plus que quelques places, ce sera sold-out d'ici la fin de l'après-midi, en moins de 24 petites heures. Le challenge était grand pour Ghinzu, on aurait très bien pu se retrouver à 3 pauvres monomaniaques devant John ce soir-là, et non, ce sera une nouvelle date à guichet fermé pour les Belges. Pari réussi pour eux, c'est leur ego qui a du être content, à très juste titre.

Personnellement, je suis rongée par l'excitation, à un tel point que je décide de me rendre au Grand Mix très "tôt". 18h devant les portes, personne, je peux déjà entendre le front row qui m'attend et m'appelle...

21h, l'attente monte, les roadies continuent de soundchecker la Telecaster ou la Reverend qui seront dans les mains de Greg ou autre toms qui seront fracassés un peu plus tard avec passion par Tony.

Le temps passe en même temps très vite, en même temps très lentement. On "profite" de ces derniers instants d'innocence, savourant chaque dernière seconde avant que tout ne bascule, attendant fébrilement le moment où on va enfin retrouver nos Belges préférés sur scène.

21h10, chaque roadies qui bouge encore dans l'ombre et la fumée de la scène pourrait, dans nos petites têtes impatientes, être un John ou un Jean montant sur scène. Mais non, patience..

En attendant donc, avec mes collègues de barrière on se fait un "tiercé John", c'est-à-dire tenter de déterminer quelle tenue, lunettes ou non, barbe ou pas, arborera le Mr ce soir. (on a connu plus passionnant, je vous l'accorde). Bref, je prédis, lunettes d'entrée, costume noir intégral et barbe de 3 jours. Et alors que les lumières s'éteignent, raté pour le costume, mais OSEF me direz vous BECAUSE IT BEGINS !

"Between god and between a machine..."

On ne sait que trop bien les 3 titres qui vont arriver maintenant et on s'en régale d'avance. Après ces 24h intemporelles où on ne sait plus trop ce qui s'est passé, si ce n'est qu'on allait nous servir Ghinzu à domicile, tout ça est enfin réel. On peut commencer à réaliser l'ampleur de la chose, nom d'un petit warrior Belge ! Les premiers accords de Mother Allegra retentissent pour finir en allant se fondre parfaitement dans la surpuissante Mirror Mirror, nous dévoilant un Mika plus massif que jamais niveau son, ainsi qu'un Greg complètement habité (ou déjà bourré diront les mauvaises langues, chut). Vient alors Dream Maker, une de mes préférées de Mirror Mirror grâce au flow sans pareil de John. Une claque. Encore une fois. Pas très bavards les Ghinzu ce soir mais John nous explique qu'il y a 2 jours il ne savait pas encore qu'ils allaient jouer ici, et nous remercient tous d'être là. Bah écoute mon petit, de rien, de rien, quand tu veux à la maison surtout.


Pour la petite histoire, c'est en remontant de leur mini tournée que l'envie de s'arrêter encore une fois sur la route avant de rentrer à la maison s'est manifestée, d'après John. Un coup de fil, en 2 heures la date au Grand Mix était bookée. Et c'est là que nous, petits nordistes, pouvont réaliser la chance immense que nous avons eu : toutes les salles de la métropole lilloise étaient prises pour le festival des Paradis Artificiels qui se déroule chaque année en Avril pendant 2 bonnes semaines. Il a fallu qu'en ce vendredi 15 avril, une petite place soit disponible au Grand Mix et le reste de l'histoire, vous le connaissez...

Reprise, Mika a à peine le temps de lancer son riff puissant sur Cold Love que John commence déjà à s'exciter et à trépigner sur place. Jean s'amuse avec son espèce de vocoder pour poser la voix d'intro. Le public reprend les punchlines de la chanson avec une certaine classe. Bref, ce soir, définitivement, la soirée est dans la poche pour nos Belges.



John se fait un peu peur niveau voix sur Take It Easy, mais repart très vite, aidé vocalement par les 650 chanceux présents ce soir dans la salle. Dragon et sa précision chirurgicale enveloppée de lumières rouges suivent, pour finir dans une envolée moitié trip sonore moitié impro servie par un Greg complètement fou, alors que John nous livre par intermittence une de ses plus belle danse d'épileptique en mode pilote automatique* sur la très grande partie instrumentale qui clot Dragon. (*ceci est un compliment)

"And we crash, and we burn every second in turn, everything that we learned to forget we'll return. All right.."

John débute alors le très attendu Dragster Wave par un "Oh yeah" de circonstance, se plante un tout petit peu sur le break, aussitôt pardonné par une montée en puissance de la chanson qui dure, qui dure, et déchaîne l'assemblée. Un mot, EPIQUE. Définitivement fan de la petite ré-orchestration live qui arrive sur la fin de la chanson, balancée par John avec un flow nerveux soutenu par la seule section rythmique de Mika et Tony. J'adore, vraiment. Je pourrais les entendre déblatérer n'importe quoi, avec cette voix monstrueusement bonne, tout passe, je serais encore pendue à leurs lèvres et transie d'admiration, comme beaucoup d'autres ce soir-là au Grand Mix. Dieu merci, ils font de la musique et il le font tellement bien.

"And when I call out your name. It releases me from pain..."

On pense que le calme après la tempête peut venir avec 21st Century Crooners, il n'en est rien. Le petit riff de piano qui monte, qui monte, pour se muer en un truc massif indescriptible fourmillant de sons dans tous les sens vient tous nous achever un peu plus. C'est donc à genoux, avec une claque sur chaque joue, que l'on nous balance Do You Read Me dans la tête. Les mecs, ça s'fait pas ! (si ça se fait, bien sur et même qu'on en redemande, but you get my point). John abandonne même ses lunettes, attention, SHIT'S ABOUT TO GO DOWN comme on dit chez les Britons. Et là, je crois que je vais me taire, parce que la preuve par la vidéo sera bien plus efficace. Fermez les yeux (mais pas trop), priez le génie de maître John et accrochez-vous, ça bouge:


On se remet de tout ça sur The End Of The World, envoyée parfaitement, pour ensuite se laisser conduire et admirer les talents de pianiste de John sur Chocolate, définitivement une pépite en live, qui montre toute l'étendue de la "warrioritude" de ces Belges là. Jean s'amuse avec ses sons électros. Le décalage pianos/beats est immense. John s'empare ensuite de la Fender Jazz Bass et là on sait ce qui suit, la colossale Mine complétement métamorphosée dans sa version live, en une espèce de tuerie électro qui s'approche parfois du remix de Sold Out, fidèles (géniaux) collègues de première partie des Belges sur la tournée 2009. Fin de main set, Dieu que c'est passé vite.

"I've got to say, I am on fire, it's the nature of my game.."

Sortie de scène de 3 petites minutes pour les Belges. Un roadie vient remettre la Jaguar de Greg sur scène. On se doute alors de ce qui risque d'ouvrir ce premier rappel. This Light, arrive dans une version magnifique, tout en retenue jusqu'au moment où tout bascule musicalement parlant afin d'ajouter le petit quelque chose qui rend cette chanson si spéciale, si écorchée dans ses paroles autant que dans sa construction. Je pense qu'on a frôlé la perfection ce soir, ou du moins quelque chose qui devait bien lui ressembler.



John enchaîne en pianotant quelques accords planants, tout en sachant parfaitement que ce qui suit va énormément nous plaire. Tout le monde a reconnu Blow, et c'est parti pour 9 minutes de bonheur. Déchaînement des corps, des cris de passion sont lancés à droite à gauche, c'est le moment de planer. "You're not The Dragster man"  hurle John qui prend visiblement son pied. Inutile de dire qu'il est loin d'être le seul. Le public est en feu, Mika et Jean jamment ensemble, Tony fracasse ses fûts et Greg nous envoie dans les oreilles toutes les bizarreries sonores de la chanson avec une perfection inégalée. Les sourires semblent être gravés sur les visages des Belges. Immense trip qu'ils viennent de nous offrir là. Priceless.

"DO YOU REALLY BELIEVE YOU GOT SOMETHING TO TEACH ME ABOUT THIS WORLD?"

Sortie de scène, ça sent la fin. Dans un dernier mouvement, Ghinzu revient fouler la scène du Grand Mix pour finir en beauté avec la dantesque et so sexy Kill The Surfers. La boucle de synthé a à peine commencé que fusent déjà les "ça va faire maaaal" partout sur la barrière. Et en effet, le public donne tout ce qu'il a pour cette dernière chanson. John nous gratifie de son habituel surfe rock'n'roll sur le synthé. La dernière minute de collision de sons de toutes parts est indescriptible. L'un après l'autre, les membres du groupe quittent la scène avec des sourires visiblement contentés et quelques derniers signes de mains pour l'assemblée qui ne dirait pas non à un 3e rappel... (remember Aeronef ?)


End Of Transmission.



Après un after avec la tête et les pensées complètement restées au Grand Mix de Tourcoing, je me suis retrouvée à errer devant ma porte vers les 5 heures du matin. Je me demandait si c'est bien moi qui avait vécu tout ça ce soir, l'impression constante d'avoir vécu un truc un peu spécial, de m'être faite rouler dessus par un bulldozer musical, des flashs lumineux, des bribes de Blow ou Kill the Sufers plein la tête... Bref, f*cking night, f*cking warrior, f*cking Ghinzu, encore une fois. Ma troisième fois avec les belges, sûrement pas la dernière. Ces mecs là sont tellement au dessus. Clairement un des groupes qui m'est le plus spécial, ils me parlent comme personne, me touchent (presque) comme aucun groupe ne peut le faire. Et sur scène, impossible de retranscrire avec pertinence et justesse cette espèce de machine de guerre sonore que sont ces foutus génies de belges avec de simples mots. Cette review est donc useless, mais peu importe. Si vous ne les avez jamais vu, allez les voir. Si vous les avez déjà vu, retournez-y. Ce sont des vrais showmen, provocateur impertinents en freeride juste comme il le faut, avec la bonne dose de Sex, Drugs & Rock'n'Roll toujours délivrée avec une classe sans nom. On se dit à la prochaine les mecs pour la revanche sur les planchers du Nord.

Attention, risque d'addiction..

Pour d'autres photos du concert, c'est par ici.

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